
Poser sur papier (χάρτης), ou, ici, sur écran, les éléments qui guideront ma navigation dans ce nouvel espace nordique : voilà une autre piste pour ce carnet. À l’image de la carte que C. a dessinée cet été, retraçant notre itinéraire de groupe au Poisson Blanc, qui ne servait pas, bien entendu, à « découvrir » quoi que ce soit. C. n’ignorait pas que l’hydrographie et la topographie du réservoir étaient déjà maintes fois établies – et que nous avions même avec nous la carte officielle remise à l’accueil. Plutôt : elle renouait avec l’urgence d’ajourer l’espace et le temps par l’acte attentif qui consiste à inscrire notre propre parcours, nos propres repères sensibles. Je veux aussi rendre perceptible et partager mon point de vue, prendre la mesure de ce qui sépare mes a priori de la réalité que j’appréhende (à plus d’un sens). Aller plus loin dans la sincérité du regard de l’Usbek des Lettres persanes, venger l’impétuosité empêchée de E. Dickinson, éviter la résignation des moments les plus sombres du Journal de Kafka. Grandes ambitions? Plutôt des boussoles, ou quelques-unes des milliers d’étoiles lointaines pour orienter le voyage.
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