le bureau

On n’écrit pas de n’importe où.

Même si la petite cabane de la photo, perchée sur la colline Kamiskotia, a quelque chose de séduisant. Bien plus idyllique que le bureaumon bureau – que j’ai aménagé aujourd’hui à l’université.

Enfant, j’imaginais les auteurs de récits de guerre écrivant au présent, calepin dans une main, fusil dans l’autre, noircissant des pages au milieu du tintamarre. Plus tard, la lecture de Walden n’a rien fait pour démentir ce portrait naïf de l’écrivain « en immersion ». Ce n’est donc pas étonnant que, jusqu’au baccalauréat, j’avais aussi souvent que possible un petit calepin sur moi. De ces cahiers, il n’est pas resté grand-chose : quelques pensées encore vertes, souvent illisibles, griffonnées en tenant le papier sur ma cuisse fléchie ou même en marchant.

J’aime à croire que je sais mieux faire aujourd’hui. Il faut a room of one’s own pour espérer transmettre quoi que ce soit. On ne coule pas le monde en texte en l’attrapant au vol. L’expérience ne devient écriture qu’au terme d’une lente transposition, qui passe par la mémoire et, surtout, par la mémoire d’autrui, plus souvent qu’autrement consignée dans les livres. On fait des livres avec des livres. Ainsi mon bureau comporte-t-il une jolie bibliothèque remplie jusqu’à craquer : la trousse de survie.

Et une cafetière italienne, pour des raisons qui me semblent évidentes.


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