terra incognita

C’est lancé. Je reviens d’une première virée dans le Nord: Rouyn, Timmins, Kapuskasing. Je ne m’y étais encore jamais rendu. Tout m’était nouveau; ou en itération nouvelle. Certes, des Tim Hortons. Oui, bien entendu, des Pétro-Canada, des Canadian Tire; des McDo ou des Home Depot qui glissent une petite feuille rouge à côté de leur logo comme un personnage nigaud avec sa moustache et ses lunettes qui tente de passer incognito dans un film américain en flashant son faux badge. Un paysage marqué de l’empreinte carmin du capitalisme à la canadienne, comme un gros bisou collant de matante lubrique. Ces établissements familiers sont campés dans un locus presque insulaire, en plein milieu d’une forêt boréale océanique. L’arbre est droit; la forêt, elle, s’étend à perte de vue. Elle n’a pas pour autant une allure souveraine. Elle est trouée par la foresterie, creusée et rendue lunaire en plusieurs endroits par l’industrie minière; elle a l’aspect de la pelure ravagée de ma petite chatte Junie lorsqu’on l’a trouvée, abandonnée, seule et meurtrie, appelant à l’aide, mais portée par une furieuse envie de survivre.


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